Final Fantasy VII avait, en son temps, défrayé les chroniques et cloué sur leur siège des millions de joueurs captivés par l’extraordinaire gameplay immersif, par le scénario envoûtant et par l’ambiance « dark-fantasy » qui s’en dégageait.
Depuis, les opus s’enchaînaient sans pour autant parvenir à la cheville du titre phare de la première Playstation. Si bien, que de nombreux joueurs accueillaient dorénavant la sortie d’un nouveau Final Fantasy avec un haussement d’épaule dédaigneux.
Et bien, c’est terminé. Le douzième titre rejoint largement son aîné au panthéon des jeux vidéo qui frisent le génie absolu.
A peine le jeu mis dans la Playstation, on est absorbé par l’introduction digne des plus grandes réalisations cinématographiques. L’univers nous semble d’emblée prometteur et original, mélangeant subtilement fantasy et science-fiction, magie et technologie. Si l’ambiance est moins sombre que dans le VII, elle n’en est pas moins dépaysante avec ses villes ensoleillées et colorées, ses foules bigarrées et étranges, non sans rappeler l’excitante Tatooine de Star Wars. Mais la comparaison s’arrête là, les chocobos, les kupos et les armures baroques des gardes impériaux font qu’on ne s’y trompe pas, nous sommes bien dans un Final Fantasy.
Le scénario commence sur les chapeaux de roues, deux empires se font la guerre et manque de chance, vous occupez un petit royaume situé au milieu des deux géants. Malheureusement, l’un d’entre eux décide de vous envahir. L’histoire commence deux ans après cette invasion. Nous sommes en terre occupée. Enfant de Rabanastre, capitale du royaume en question, vous passez vos journées en petits larcins, vous demandant quel tour jouer à l’occupant. Vous allez croiser plusieurs personnages sur votre route, chacun possède son histoire et ses doutes, ses blessures et ses faiblesses. Loin de s’attarder sur le côté sentimental, les scénaristes ont préféré mettre l’accent sur le caractère des personnages et sur les intrigues politiques donnant à l’œuvre un caractère vraiment épique. Avec le talent qu’on connaît à certains scénaristes japonais, ils ont su subtilement éviter le piège du manichéisme pour présenter les choses sous différents angles de vue.
Au niveau de la réalisation, on peut dire que ce jeu pousse la Playstation dans ses derniers retranchement, comme si un mois avant la sortie de la troisième console de Sony, on avait voulu mettre la barre très haut.
Des changements majeurs ont été effectués par rapport à la série. Premièrement, les combats se déroulent à présent sans scission avec le reste du jeu. Fini de marcher en priant pour ne pas rencontrer un monstre invisible à l’écran qui vous saute dessus par surprise. Ici, les monstres sont présents et si on veut éviter le combat, il suffit de le faire. Les combats sont beaucoup plus dynamiques et en temps réel (adoucis d’une possibilité de pause). On est donc tout le temps plongé au cœur de l’action.
En second lieu, le système d’évolution des personnages est également une bonne trouvaille, les compétences accessibles se trouvent sur une grille et on les débloque au fur et à mesure grâce à des points de permis glanés dans les combats. Un système simple et efficace qui permet de personnaliser chaque membre de son équipe.
En conclusion, Final Fantasy est un jeu qui se déguste comme un bon repas ou un bon livre. Chaque minute passée le sera sans aucun remords, ni culpabilité, tant cette histoire passionnante nous plongera au cœur d’un autre univers. Dans cet univers vivant et prenant, on y rencontrera des personnages attachants et profonds qui nous toucheront réellement.
A tel point qu’on ne se sentira jamais seul en Ivalice et qu’on arrivera à se demander comment on a pu supporter le babil souvent creux des joueurs de jeu online.
Final Fantasy atteint le but que devrait se fixer tout jeu vidéo : être un œuvre profonde digne des sagas bardiques d’autrefois.
Pour le jeu, c'est ici que ça se passe ;)