Il n’y a pas que les jeux vidéo dans la vie, il
y a aussi le shopping on line et la télé bien sûr. J’adore les séries, surtout
quand elles sortent en DVD. Je dois avouer que je suis une dvdvore. N’ayant pas
le câble ou de chaînes à ma télé, le DVD est mon unique solution mais la
meilleure à mon avis. Qui choisit le programme ? Moi et personne d’autre.
Alors si c’est pourri, c’est moi la fautive. Les DVD, j’en bouffe dix à la
douzaine : genre 8 saisons de « X-files », 5 de «Babylone 5 »,
2 de « Lost » et « Prison break » le dernier en date.
Dans le lot, il y en a une qui m’a retournée
comme une chaussette et qui m’a parfois empêchée de dormir : cette série
qui cartonne du tonnerre depuis 8 ans maintenant et 6 saisons, c’est « Les
Sopranos ». Cette série a vu le jour en 1999 sur nos petits écrans (ou
grands si vous avez la chance d’avoir un écran plasma^^). Tout débuta sur HBO
chaîne payante câblée US qui connut son premier grand succès de foule avec
l’incroyable « Sex in the city ».
HBO est connu pour aimer le choc. « Sex in
the city » est une série à l’atmosphère cynique abordant des sujets aussi
sombre que l’addiction à des drogues dures ou les déboires sexuels de femmes
trentenaires.
A l’annonce de la sortie des
« Soprano », personne n’aurait misé un penny sur le succès de la
série. La mafia est un sujet éculé mais
là où David Chase (fils d’immigrés italiens, de son vrai nom DeCesare),
créateur de la série, a innové, c’est la note d’humour sur un fond très sombre,
le tout baignant dans un train-train quotidien. Les personnages ne sont ni
jeunes, ni beaux intérieurement ou
extérieurement. Ils sont réalistes. Tony Soprano, le héros de la série, a le
ventre énorme de l’homme de la rue, ses cheveux ont fui sa tête, ses acolytes
ont des visages ingrats donnant à l’atmosphère énormément de noirceur. Les
enfants sont gros, voire obèses, rare sont ceux qui suivent un régime. Tony
passe sa vie à manger avec ses acolytes dans des restos italiens et sa femme
lui prépare des plats traditionnels aussi gras que possible. On peut le dire : entre
ses hommes de main, il y a une sorte de concours pour déterminer celui qui sera
le plus bête, méchant et moche. Mais il
y a la touche d’humour et l’ambiance calme du quotidien de la vie en banlieue
qui donne à la série son côté attachant.
L’humour y est souvent très sombre, HBO et
David Chase n’y ont pas été de main molle. La série retrace les déboires de
Tony Soprano, chef de clan mafieux, agissant dans le New Jersey. Tony a du mal
à gérer sa vie de famille et à la concilier avec son boulot de mafieux. Il vit
tiraillé entre sa famille et sa « famille » professionnelle. A force
de subir les pressions de tout part, il souffre de crises de panique et
d’angoisse. Pour s’aider, il décide de s’ouvrir à son psychiatre, la douce
Jennifer Melfi, une Italienne bien sûr. (Je dois avouer que j’en aurais aussi
des crises de paniques et de l’anxiété si j’avais une mère comme celle de Tony
Soprano. Ce « dragon » culpabilisateur et misanthrope a de quoi me
donner des sueurs froides. Elle a une voix qui rappelle celle d’un chat qu’on
écrase à coup de manche à balai, horrible son…).
Tony est un homme ayant deux vies, deux foyers.
Chez lui, dans sa maison cossue des hauteurs bourgeoise du New Jersey, Tony est
un homme comme tout le monde. Il a sa piscine et ses canards. Ses voisins
pensent qu’il est conseiller dans le business du traitement d’ordure, sa
famille a quelque doute mais ignore ce qu’il fait durant ses heures de bureaux.
Que fait-il d’ailleurs durant ses heures de
bureau ? Il travaille parfois avec une secrétaire sur ses genoux. Et oui,
cet homme libidineux a un sex-appeal certain. Sa sexualité violente et
extravertie va en attirer plus d’une dans ses filets, trompant allégrement sa
femme qui lui restera fidèle.
Le boulot de Tony consiste à gérer sa
« famille » professionnelle. Et elle lui donne du fil à retordre.
Tony est à la tête de la famille, c’est le « patron », le
« boss », il « capo ». Pour le seconder, il y a les « Capitaines »,
qui essayent de se sucrer sur chaque petite affaire. Chacun essayant de tirer
la couverture vers lui et essayant de trouver des failles au « boss »
pour pouvoir lui voler sa place. Tony est entouré de gens qui le seconde et qui
rêve d’être à sa place. Ce sentiment de solitude du chef de clan va faire
basculer Tony dans la paranoïa et la dépression. Et c’est là qu’intervient la
psy.
Les Capitaines ont à leur charge des hommes de
paille ou « soldats », chargés de la basse besogne mais parfois, « les
capitaine » mettent du zèle dans leur ouvrage et massacrent sans l’aide
des soldats. Tony et sa bande de pote exercent leur profession de mafieux dans
un large panel de domaine : Tony est propriétaire du « Bada
bing », boîte de nuit et de striptease, le racket, les paris, le poker, etc.
Pas de complaisance ou de douceur à rechercher
dans les images diffusées dans « les Soprano», la violence y est souvent
cruelle voire un peu trop réaliste. Si parfois la cruauté des crimes commis par
Tony Soprano peut choquer, il n’en reste pas moins une personne attachante.
Au fil des saisons, le scénario s’est enrichit.
Les personnages sont devenus de plus en plus complexes et riches.
La dernière saison évoque l’actualité politique
des Etats-Unis et notamment la guerre en Irak. J’attends avec impatience que la
boucle soit bouclée, histoire de voir si Tony arrive à s’apaiser et à gérer ses
familles.
A noter, la série a fait l’objet d’une
exposition au très célèbre MoMA.
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